petite histoire de deux oranges

Nous achetons les agrumes des galline felici qui sont bios et produits par des producteurs que nous connaissons. La plupart sont certifiés. certains sont en conversion, d'autres sont bios mais refusent la certification ( voir ci dessous) . Peu à peu ils essaient de faire connaître les agrumes qui poussent particulièrement bien dans leurs régions car nous sommes habitués à privilégier ceux que nous connaissons déjà.

Nous essaierons nous aussi peu à peu de consacrer cette page à vous faire mieux connaître ces fruits .

Mettre à jour....

Bios ces agrumes ?? décembre 2012

 

Si nous prenons l'exemple de la  livraison de décembre 2012 et bien , oui,  ils sont bios  et même certifiés;  tous les producteurs qui ont fourni des fruits  aux adhérents de Court Jus pour cette livraison du 2  décembre nous ont envoyé leurs  certifications, vous pouvez  nous les demander!

 

Fruits                                  Producteurs

Oranges                              Trimarchi

Clémentines                        Smurra

Citrons                                Fiumara

Citrons                                Aderno

Pamplemousses                 Grimaldi

Avocats                               Calanna

 

Mais 2 des producteurs des galline felici refusent la certification alors qu'ils sont bio depuis plus de 20 ans (les raisons sont indiquées plus bas).  Mais du coup, lorsque nous commandons aux galline, il n'y a pas l'étiquette bio sur les caisses, même pour les producteurs certifiés puisque ces étiquettes concernent le consortium complet. C'est pourquoi , on peut demander les certifications au coup par coup à chaque commande, en fonction des origines de chaque produit.

Ces certifications répondent à des normes européennes donc c’est bien comme si vous aviez acheté un produit avec le label bio dans un magasin. Nous avons pu constater la grande motivation des producteurs des Galline felici pour le bio lors de nos visites  d'agrumeti en Sicile. Ils nous ont en effet  expliqué et montré dans leurs exploitations toutes les contraintes que signifie le passage au bio: quelques années d'adaptation des arbres, une baisse conséquente de la récolte (par ex. pour C. Smurra qui a fourni les clémentines la récolte est passée de 200 tonnes à 80..), un travail plus important, une formation à des méthodes d'enrichissement naturel des sols, la pratique de cultures associées etc..... Etant exigeants avec eux même, ils le sont  aussi sur l’usage du label et veulent éviter les usurpations.

 

Maintenant on peut comprendre que de telles quantités posent question.

Cependant il faut savoir que la Sicile s’est engagée depuis de longues années dans l’agriculture bio. Elle fournit avec les Pouilles 60% de la production bio de l’Italie et exporte vers l’Europe du Nord. En Italie la demande est forte, par exemple il y a aujourd’hui près de 700 écoles qui ont des cantines bio (à Rome depuis 10ans et ça commence à Palerme) on sert en Italie environ un million de repas bio par jour.

Selon les Galline felici en Sicile cette agriculture bio avait un caractère un peu colonial : des bons produits cultivés sur leur territoire et qui n’étaient pas destinés aux Siciliens. Au début de leur  démarche  il y a eu l’idée qu’il fallait que les Siciliens profitent de ces produits . Leur nouveau président est le fondateur d’une foire  bio qui se tient tous les mois à Catane et  l'un de leurs producteurs (les pamplemousses) organise un marché de producteurs sur son exploitation tous les samedi matins. Pour les agrumes, qui bien entendu ne peuvent être tous consommés sur place, ils ont voulu  en faire profiter les italiens du Nord et maintenant nous mêmes, par les circuits de ventes directes.

Enfin pour les Italiens comme pour les Français la certification qui a certainement joué un rôle important pose aussi des problèmes de fiabilité, de conditions sociales de production et de récupération par la grande distribution. C'est pourquoi 2 des producteurs des galline felici refusent maintenant la certification.  Rien ne peut vraiment remplacer la confiance qui s’établit par un contact direct entre producteur et consommateur.

 

Pour ceux que ce débat intéresse je vous incite à lire l' article très  intéressant de Patrick Herman sur ce sujet (en lien). (P.Herman agriculteur, journaliste, militant de la Conf’ a publié plusieurs ouvrages sur ces questions dont une contribution à un ouvrage récent "le bio entre business et projet de société")  

Rémi Kuentz 11 décembre 2012